Books·Séries TV·Sortie culturelle

Bilan Q – Octobre 2018

  J’ai décidé de me (re)faire une culture cinématographique ces derniers temps. Comme j’ai vu pas mal de choses je te propose une « petite » revue du mois d’octobre. On a des films, des séries, un spectacle et un livre : 

Houdini and Conan Doyle : Friends of Genius, Deadly rivals de Christopher Sandford

  Christopher Sandford est reconnu pour ses biographies, notamment sur Kurt Cobain, Mick Jagger ou encore Roman Polanski. Je ne suis pas une grande fan de biographies mais quand j’ai vu la couverture de ce livre dans une librairie à Santa Fe le titre m’a immédiatement interpelé.

  Grande fan de Sherlock Holmes (dans toutes ses variations ça vaudra peut-être un article un jour) le nom de Sir Conan Doyle m’a amené à faire un pas vers le livre, puis celui de Harry Houdini a jeté le bouquin dans mon panier.

  Fascinée par le spectacle vivant, la magie est peut-être un des arts qui nous amène de la manière la plus évidente vers l’illusion. Je m’explique : quand on va voir un spectacle on se laisse emporter par la représentation d’un monde fictif face à nous, nous allons volontairement nous échapper du monde réel. Tandis que souvent, dans la magie giphyce qu’il y a de fort c’est qu’on y va déjà peu convaincu, sachant très bien que ce sont des trucs et astuces plus ou moins bien réalisés, mais on se laisse prendre au jeu. D’abord on garde une certaine distance, puis on essaye de trouver le « truc » enfin on s’avoue vaincu et on se laisse bercer par l’illusion. Si tu aimes Houdini je te conseille vivement de regarder la mini-série que lui a consacré la chaine History avec Adrien Brody dans le rôle d’Houdini rien que ça.

  Bon, pas du tout objective j’étais déjà convaincue par le livre avant de l’avoir lu mais sa lecture est restée une bonne surprise. L’auteur compare la vie de ces deux monstres des années 1920-1930 d’une manière hyper fluide. Il fait le lien entre leurs vies respectives mais surtout met en lumière cette grande rivalité concernant le mouvement spiritualiste de la période. Conan Doyle étant un fervent défenseur de la vie dans l’au-delà et des médiums en tous genres, Houdini s’était donné pour mission de dévoiler les escrocs se faisant passer comme médiateurs entre les vivants et les morts afin de mieux vider le portefeuille de pauvres personnes en deuil. En plus de suivre cette dispute entre les deux hommes on se rend compte à quel point le mouvement spiritualiste avait de l’ampleur avec sa propre Eglise spiritualiste et des partisans revendiqués dans toutes les strates de la société. Cela a aussi donné lieu a des débats et des recherches scientifiques afin de savoir si la communication avec les esprits était possible.

doyle-houdini-sshf.jpg
Arthur et Harry avant que ça clash sévère sur la nécessité des ghostbusters

Cirque au Manège

  Je suis allée voir un poème au Manège : Barons Perchés de la Cie MPTA de Mathurin Bolze. Ce spectacle était vraiment une belle expérience qui pourrait se définir de manière brute par : deux hommes et un trampo. Sauf que c’était tout sauf ça, c’était un monde à part entière, un moment poétique, une inquiétante étrangeté magnifiée par une rigueur technique merveilleuse. Je ne veux pas trop en dire car c’est le genre de spectacle qui se laisse découvrir minute par minute.

20-bp_02.jpg
Crédit photo Christophe Raynaud de Lage

Born To Be A Live va bientôt commencer au Manège de Reims et il va y avoir plein de belles choses à voir.

Mafia et Gangsters

  J’ai fait un petit voyage dans le temps pour remonter dans les années 20-30 et goûter à l’ambiance de la Prohibition, il paraît qu’on apprécie mieux les choses quand elles sont interdites (cf. : Lucifer Morningstar) .

The Roaring Twenties – Raoul Walsh / Warner Bros

RTWalsh
James Cagney dans le rôle d’Eddy

  J’ai commencé mon voyage en France en plein milieu des combats de la Première Guerre Mondiale pour ensuite aller à New-York et découvrir la misère de mes compagnons d’armes dont Eddy Bartlett.

  De retour aux Etats-Unis il se rend compte qu’il n’y a plus de place pour lui dans son ancienne vie, il va devoir s’adapter au rythme des Roaring Twenties et de la Prohibition. On se retrouve alors entre voitures pétaradantes, alcools plus que bon marché, fusillades en veux tu en voilà et amours contrariés.

  Film de 1939, il se présente à la fois comme fiction mais aussi comme documentaire. Chaque bond dans le temps est caractérisé par les faits historiques qui se sont passés entre deux éléments narratifs du films.

Il était une fois en Amérique – Sergio Leone / Warner Bros

  Puis j’ai repris un peu de couleur avec Sergio pour m’introduire dans une bande de garnements new-yorkais sans le sou tentant de voler et gagner de l’argent comme ils le peuvent. Cette course au billet vert les embarque dans des aventures dangereuses loin d’être réservées aux enfants et ils vont en payer le prix à un moment ou un autre.

  On suit Noodles (Robert de Niro) qui revient à New-York suite à un mystérieux courrier après des années de désertion. Dans un récit introspectif on se remémore avec lui sa jeunesse et ses mésaventures. Film magnifique sur une bande sonore d’Ennio Morricone Il était une fois en Amérique nous emmène à la fois sur la piste de braquages et réglages de comptes sanglants et sur celle des sentiments et de la complexité humaine.

https_www.dia.orgsitesdefaultfiles2017-06-11Once-Upon-a-Time-in-America
Ce plan envoie tellement du lourd

Boardwalk Empire, Saisons 1 à 4 / HBO

  Enfin j’ai découvert Atlantic City avec Boardwalk Empire, la série revient sur la période de la Prohibition dans la ville de tous les plaisirs fameuse pour sa promenade en bois qui longe la mer.

  A la fois elle est d’un divertissement sans conteste avec des personnages auxquels on s’attache vite, qui ont des relations mystérieuses les uns les autres, mais c’est aussi une fresque historique qui relève de 50 ans d’Histoire américaine. On y voit des mafieux qui ont réellement existé comme le célèbre Al Capone, Lucky Luciano … et surtout Enoch L. Johnson renommé Nucky Thompson pour l’occasion. Personnage principal de la série, Nucky est trésorier de la ville. Avec son frère comme shérif, on comprend vite qu’il tient Atlantic City entre ses mains : politique et économie qui vont de pair avec le trafic d’alcool.

  La série est créé par Terence Winter produite par Mark Wahlberg (oui oui l’acteur dans Ted) et réalisée par Martin Scorsese (pour les premiers épisodes). L’espace géographique est immense car on va d’Atlantic City, à Cuba en passant par Chicago, New-York, Tampa ou encore Philadelphie, et le panel de personnages est tout aussi varié : mafieux, politiciens véreux, inspecteurs zélés et ripoux, vétérans de guerre, gueule cassée (gros coup de coeur pour Richard Harrow mon chouchou de la série), chanteuse de cabaret … Entre histoires de familles, règlements de compte, braquage de cargaisons de whisky, réunions douteuses de politiques dans les cabarets ou encore trahisons, Boardwalk Empire ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer.

BoarwalkEmpireAfficheHBO
Boardwalk Empire – HBO

  Comme beaucoup de ces histoires on observe l’ascension et la chute des mafieux ou gangsters ici en écho avec le début et la fin de la Prohibition.

Un moment au Far West

  J’ai regardé un classique : Il était une fois dans l’Ouest de l’ami Sergio. L’harmonica qui résonne, la musique d’Ennio Morricone pour accroître la tension … nous sommes dans l’Ouest américain. Les étendues sauvages, les cow-boys, repousser les frontières toujours un peu plus vers l’Ouest, et les mythiques rails du train … tout y est.

maxresdefault.jpg

  Alors au début j’ai eu un peu de mal à m’y mettre, les westerns à part Mon Nom est Personne et les Trinita (en gros si y’a Terence Hill en cow-boy c’est bon) c’est pas trop ma tasse de thé. Finalement après une bonne dizaine de minutes du film on veut en savoir plus, comprendre l’intrigue et on se laisse surprendre par le dénouement. Autant vous dire que j’étais bien contente de l’avoir vu !

Les dystopies

  Le genre qui a le vent en poupe (comme disait une de mes profs au lycée) depuis quelques années. On en a vu passer au cinéma des dystopies faisant un carton comme la série de Hunger Games ou encore celle de Divergent. Comme je n’en avait vu ou lu aucune pour le moment je me suis dit que ça serait quand même bien d’y jeter un coup d’oeil pour ne pas mourir bête. La série Divergent est passée à la télé en diffusant les trois épisodes sur trois semaines successives.

  Pour faire vite l’histoire se concentre sur le personnage principal Tris dans une société où chacun vit dans une faction ayant des caractéristiques bien définies afin que la société reste en paix. En gros chacun chez soi et les moutons seront bien gardés. Chaque enfant à l’adolescence a son passage rituel pour savoir dans quelle faction ils se retrouveront. Pas de chance pour Tris, en passant le test elle se rend compte qu’elle est divergente c’est-à-dire qu’elle appartient à plusieurs factions à la fois. Comme le permet le genre de la dystopie on peut y voir une critique la société, une réflexion sur le libre arbitre, le passage de l’adolescence et la quête d’identité. Tris va devoir se rebeller contre une société utopique trop parfaite pour fonctionner et tracer sa propre route.

  J’ai bien aimé le premier épisode qui consiste vraiment en un apprentissage et à une découverte d’un nouveau monde pour Tris. J’ai un peu moins apprécié les deux autres épisodes certainement parce qu’il n’y avait plus l’attrait de la nouveauté. Le deuxième épisode explore l’identité unique de Tris et le troisième est une critique démontrant qu’il n’y aura jamais de société parfaite, qu’il est inutile de chercher l’utopie car la perfection n’est pas forcément un bien.

DivergentFaction
Test d’intégration dans la faction

   Le monde de La 5e vague est plus proche de notre réalité. Alors que dans Divergent la planète a été détruite par ce qui semblerait être une attaque nucléaire, La 5e vague nous plonge au coeur de la catastrophe. Un vaisseau extra-terrestre veut éliminer la population humaine en utilisant des armes que nous connaissons tels que des tsunamis ou des pandémies. Ce qui fait que la première partie du film est assez anxiogène. On suit Cassie (Chloë Grace Moretz, j’avoue que c’est l’actrice qui m’a motivé à regarder), séparée de son frère et qui tente coûte que coûte de le retrouver. Nous suivons alors son parcours à la recherche de son petit frère et celui de son frère, engagé par l’armée pour lutter contre l’envahisseur. On touche alors aux thèmes de l’endoctrinement, de la recherche de soi et de la vérité.

La 5 vague
La petite famille sur le point d’être séparée

  Le schéma est en général le même, dans une société en crise ou alors trop parfaite pour être réelle, un.e adolescent.e cherche sa place au sein de sa famille (qui d’ailleurs se réduit à un frère ou une soeur) et de la société mais recherche aussi sa véritable identité en combattant des forces ennemies.

Espion et justicier

  Sinon j’ai aussi eu mon lot de testostérone en regardant The Dark Knight et deux James Bond : Skyfall et Spectre.

heath-ledger-ac971d-0@1x
Why so serious ?

  Je suis pas une hyper méga fan des superhéros et le trop sérieux psychorigide Batman est de loin celui qui me tente le moins, je préfère largement les anti-héros. Tu l’as donc peut-être compris j’ai plus regardé The Dark Knight pour le joker et la performance de dingue de Heath Ledger que pour monsieur je décroche jamais un sourire et je suis obsédé par ce que va penser la population de Gotham de moi. J’exagère un chouia parce que c’est vrai que dans le film Christian Bale n’était pas si désagréable que ça … Donc c’était pas une mauvaise expérience merci Christopher Nolan parce que j’ai presque réussi à apprécier Bruce Wayne.

  Bon je vais paraître un peu réac’ mais j’ai eu beaucoup, beaucoup de mal à accepter que Daniel Craig remplace Pierce Brosnan dans le rôle de Bond. c’est comme ça j’y peux rien mais c’est bon je suis guérie. Bah oui j’ai regardé Skyfall et j’ai enchaîné direct avec Spectre ! Je me suis même pas ennuyée et j’ai même pas pesté contre Daniel parce que j’ai kiffé.

Q-Corduroy-Collar-Suit-Spectre
Bah quoi t’es jaloux ?

J’ai adoré les intrigues, les scènes de baston, le jeu de Daniel, la qualité de ouf du film avec des paysages de malade, et mention spécial au nouveau Q qui est allé boire un coup dans la fontaine de jouvence le petit coquin. Bref je vais pas plus loin c’était pas une déception du tout !

Anges ou Démons

  On aborde les séries en paradoxe : la gueule d’ange du petit Sheldon qui peut s’avérer être un enfer pour sa famille, Lucifer ange déchu et Riverdale petite bourgade presque tranquille qui flirte désormais avec la bête à cornes.

  J’ai donc regardé les premiers épisodes de la saison 2 de The Young Sheldon, une série toujours aussi sympa à regarder. young-sheldon-season-2-photos-20045363Sheldon est fidèle à lui même, sa soeur est toujours la petite peste qu’on adore tout comme sa « mima » toujours prête à descendre son gendre, idem pour les autres personnages qu’on est content de retrouver. Mais un nouveau personnage est introduit dans cette saison : le « némésis » de Sheldon, une petite blonde intello qui va lui donner du fil à retordre.

  J’ai commencé la saison 3 de Riverdale l’adaptation des BD Archie Comics. Même si la série connaît une petite baisse de popularité, en partie à cause de ses scénarios tirés par les cheveux, ça ne m’a pas arrêté. Il faut dire que CW (qui appartient à Warner Bros) a réussi à créer un sacré univers en reprenant ces comics, à la fois ancrés dans leur contexte d’apparition dans les années 50-60 et dans notre société actuelle.

http_archiecomics.comwp-contentuploads201608Jughead9Mokvar-666x1024
Betty a du souci à se faire ?

  Terminé donc le mystère entourant le meurtre du frangin Blossom, adieu la pression de la « Cagoule Noire », Riverdale met un pied dans le surnaturel avec l’apparition de rites prétendument sataniques et d’un étrange de jeu de rôle qui tourne au drame.

  Alors si tu veux mon avis je pense qu’ils nous préparent pour un petit crossover avec Les nouvelles aventures de Sabrina. Je viens de terminer la saison donc ça apparaîtra dans la prochaine revue. Et bien oui ! La petite Sabrina est à l’origine une BD Archie Comics. Adaptée par la Warner Bros et diffusée sur Netflix la série met clairement en avant son origine dans le générique et fait le lien avec l’univers de Riverdale que ça soit dans des rappels ou dans l’esthétique de la série.

Alors est-ce que la bête à cornes de Greendale a traversé la rivière pour aller à Riverdale? Affaire à suivre

  Pour terminer je suis tombée sous le charme britannique de Lucifer … Et oui l’ange déchu en avait marre de bosser aux enfers et a décidé de venir se la couler douce à Los Angeles et gérer une boîte de nuit sous le nom de Lucifer Morningstar en toute simplicité. Je suis bien contente de retrouver une série qui me fasse un peu penser à Castle, car la série Lucifer est construite comme une série policière.

  Lors d’un meurtre qui implique une petite protégée de Lucifer, ce dernier rencontre l’agent Chloé Decker chargée de l’affaire. Comme pour Castle, Lucifer devient le partenaire de Chloé qui est d’abord réticente puis se rend compte qu’il peut s’avérer utile. La narration est ensuite portée par deux intrigues : d’un côté Chloé Decker qui depuis une affaire impliquant un policier est détestée par tout son poste, de l’autre Lucifer qui se rend compte que ses capacités sont en train de changer. C’est donc une petite série sympa à regarder, les épisodes sont de 45 minutes un format qu’on est content de retrouver mine de rien, les sujets sont traités avec humour et on s’attache hyper vite aux personnages. J’ai vite accroché et je pense ne faire qu’une bouchée de la saison 1.

lucifer-un-role-qui-va-diablement-bien-a-tom-ellis,M410908.jpg
Hello Tom Ellis

 

  J’espère que cette revue assez longue t’a plu quand même parce que ça risque de revenir le mois prochain.

Anecdote

  Riverdale : le centre de détention dans lequel Archie se trouve s’appelle « Leopold and Loeb« . Ce sont les noms de Nathan Leopold et Richard Loeb (18 et 19 ans), deux étudiants américains en droit à Chicago qui ont enlevé et assassiné Bobby Franks (14 ans) en 1924. Dans un épisode de Boardwalk Empire on peut voir la une du journal qui traite de cette affaire.

 

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s