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27 ans et toutes mes dents

  J’ai 27 ans, un brevet des collèges, un bac littéraire option Arts Plastiques, une Mise à Niveau en Arts Appliqués, un BTS en Design de Produit, une licence d’Histoire et un master recherche en Histoire de l’Art …

Remise en question à l’approche de la trentaine

  Je ne serai jamais une grande artiste. Je ne serai jamais designer à Amsterdam. Je ne serai jamais Indiana Jones ni Sydney Fox. Certes il ne faut jamais dire jamais mais pourquoi je te dis ça aujourd’hui? Parce que toutes ces choses auxquelles j’ai pu aspirer n’était peut-être pas vraiment mes envies ni mes rêves mais ceux confortés par la télé et par les études suivies. Je suis le genre de personne qui s’investit à fond dans ce qu’elle fait mais il faut que je sache que ce qu’il y a à la clé est GRAND très GRAND et que ça en vaille la peine. Jusqu’ici j’ai toujours réfléchi de cette manière : je suis en licence d’histoire? Bien, très bien mais alors je deviendrai professeur d’université ou rien.

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Je suis une bille en design? Pas grave on passe à autre chose … Quelqu’un a faim?

SPOILER mon ami  : Après avoir passé presque 15 ans à réfléchir de la sorte je viens de comprendre que ce n’était pas la bonne façon.

  Bah oui parce que quand tu as besoin d’une carotte pour avancer c’est que certainement tu ne fais pas ce qui te plaît vraiment. Attention je ne dis pas que c’est mal de voir grand car avoir de l’ambition et rêver ça motive et c’est génial mais il ne faut pas compter que sur ça. Comme dirait l’autre dans, le voyage ce n’est pas l’arrivée qui compte mais bien le trajet … un truc dans le genre tu m’as compris.

  Faut dire aussi que je réfléchissais comme ça car je suis une flippée du budget … si j’ai un découvert de 10 centimes (grands dieux ça ne m’est jamais arrivé) je suis à deux doigts de la crise d’angoisse (non j’exagère pas non), je ne fais jamais de dépenses très élevées pour moi (oui je peux dépenser pour les personnes que j’aime mais je vais culpabiliser quand c’est pour ma pomme ou alors il faut que ça soit d’une extrême utilité), je suis très économe, ça me fait kiffer de voir que j’ai pu mettre 50 euros de côté plutôt que de m’acheter une paire de shoes …. Pas besoin de continuer t’as capté je suis une angoissée du porte-monnaie et en plus j’ai envie d’avoir un confort de vie quand même agréable et sans trop de privations (on va pas trop rêver non plus). J’ai beaucoup beaucoup de chance car grâce à mes parents je n’ai jamais connu le manque d’argent.  L’inconnu étant toujours plus ou moins angoissant ajouté au fait que nous vivons dans une société où l’argent est roi tout en étant un tabou, ça alimente ma peur, mais c’est un autre sujet. J’aspirais alors à des métiers qui pouvaient amener un niveau de revenu confortable. Mais dans les domaines que j’ai choisis quand tu n’as ni le talent, ni une envie profonde de le devenir et bien c’est compliqué voire impossible.

  Et puis à 27 ans tu as les copains qui commencent à acheter une maison, à avoir un bébé, tes parents ont des potes qui deviennent grand-parents et qui leur raconte comment c’est formidable de courir après sa petite-fille le dimanche quand leur propre enfant profite d’avoir ENFIN une après-midi de libre. Alors quand est-ce que vous vous mariez? Alors c’est pour quand le bébé? Alors vous avez des projets? Tu sais c’est bien d’acheter avant trente ans pour le prêt c’est mieux. Ah moi à ton âge j’avais déjà mon ainée !                                        Damn too much pressure

 

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  Et toi t’es là, étudiante, à finir ton master de recherche qui servira pas à grand chose à part dire des mots compliqués à ton entourage … Alors tu réfléchis à ce que tu pourrais  faire pour pouvoir financer ton mariage de princesse, ta maison de campagne et ton équipe de basket de marmots ainsi que leurs études à Harvard … Quand t’es en partie oniophobe comme moi ça donne vite le vertige !

Parcours fastidieux mais enrichissant

  Je n’ai jamais eu LE métier de mes rêves en tête. Je sais ce que je veux faire jour après jour : au moins une bonne action tous les jours, aider les gens à mon échelle quand je le peux. Bien vivre, c’est à dire vivre sainement dans le corps et dans la tête – asics – en essayant de bien manger, bien dormir (rigole mais c’est la base de la santé) et surtout éloigner toute source de stress et autres ondes négatives. J’en parlerai peut-être dans un article un jour dis-moi si ça te tente. En gros être heureuse et rire avec les personnes que j’aime et être en sécurité : des envies qui paraissent simples mais qui ne sont pas si faciles à mettre en place tous les jours. C’est une philosophie de vie mais pas un métier, chanceux (et/ou courageux) sont ceux qui arrivent à allier les deux.

  J’ai toujours été attiré par la littérature, l’écriture, le milieu culturel, la peinture, les arts … C’est apparu comme une évidence dès la primaire. Je suis une bille en maths et ça ne s’est jamais arrangé. T’es pas bonne en maths c’est pas grave tu seras littéraire. Bon …

Sarah Paulson
Moi en cours de maths

  A la fin du collège on doit savoir quelle voie on veut prendre. Je me suis retrouvée au lycée avec une option SES (sciences économiques et sociales) pour être avec ma meilleure amie du moment. J’ai quand même pris une option en arts plastiques parce que ça m’attirait même si il n’y avait pas « d’avenir ». J’étais pas trop mauvaise en SES et on nous faisait miroiter un avenir avec du travail stable et sécurisé (youhou) mais ça ne me passionnait pas du tout. Quantifier l’humain m’intéressait beaucoup moins que de l’analyser.

  Je ne voyais pas trop où le lycée pouvait m’amener mais bon « passe ton bac d’abord » comme disent les « anciens » nous à nos enfant on dira « passe ton master d’abord » sauf que même là faudra passer chez Pôle quand même. J’ai rencontré mon futur mari et je me voyais bien aller sur les routes à droite à gauche avec lui pour découvrir de nouvelles cultures mais bon à 16 ans ça reste un peu limité. Mes parents m’ont proposés de suivre un BTS ou CAP machin compta pour pouvoir travailler dans leur négoce mais c’était assez concret pour savoir que ça me plairait pas. Aussi ayant vu mes parents trimer pour monter leur entreprise je ne voulais pas être la responsable qui ferait couler leur boîte. Leur entreprise étant un peu comme ma petite soeur (qui grandit plus vite que moi et s’en sort beaucoup mieux) je ne voulais pas avoir le rôle de Caïn.

  CE QUE LE LYCEE M’A APPORTE : J’ai continué mon petit bonhomme de chemin avec mon amoureux et mes amis qui, je ne le savais pas encore, allaient être mes meilleurs amis, vraiment, les MEILLEURS. J’ai découvert et renforcé ma passion pour l’art, l‘histoire de l’art, la philosophie et l’histoire. C’est une période où on nous donne une masse importante de connaissances à apprendre et à comprendre, c’est pas toujours facile mais quand j’y repense j’en ai de bons souvenirs.

  Terminale, bac bientôt en poche (avec un peu de chance, de toute façon si tu l’as pas tu es un raté parce que « pfff à notre époque c’était beaucoup plus difficile, c’est TF1 qui le dit ») voici l’arrivé de la très attendue et très effrayante liste de voeux POSTBAC. Si tu viens d’avoir des frissons dans le dos c’est normal. Dans la vie on a des périodes de transitions qui se passent plus ou moins facilement : l’adolescence (les hormones et la rébellion), l’adulescence (le bac, le permis et les études), le monde adulte (enfant, achat maison, emploi), le passage du « j’ai jamais fait ce qui me plaisait dans ma vie il est encore temps » … Bref, Postbac incarne ce moment où tu prends la décision la plus importante de ta vie pour entrer dans le monde des adultes et qui guidera ton futur. C’est valable pour ceux qui savent ce qu’ils veulent faire depuis tout gosse, pour les autres ça sert surtout à entrer dans le moule. Contre les conseils de mes professeurs j’ai posté 1 unique voeu : celui de rentrer en MANAA en sachant que la sélection se faisait sur dossier et était assez rigoureuse. Pas de solution de « secours » pour mes professeurs, traduire de « dépression » pour moi. Ça serait la MANAA ou l’Australie avec mon chéri (c’était la grande mode de l’Australie en 2009).

Into the wild
Prend ton sac on part à l’aventure !

  J’ai été prise en MANAA, ça a été une super année avec des gens super sympas et hyper intéressants. Mais à la fin de l’année je ne savais toujours pas où aller, par contre je savais où je ne voulais pas aller : à Paris. J’ai postulé pour un BTS Design de Produit à Toulouse et à d’autres écoles dans le Sud sans d’autres grandes convictions que d’aller chercher un peu de soleil.

  CE QUE M’A APPORTE LA MANAA : J’ai appris qu’il est important d’avoir un discours solide sur un projet même si ce dernier ne l’est pas –> si tu veux vendre ta cuillère pour bébé il faut que tu démontres qu’elle est EXCEPTIONNELLE même si ce n’est qu’une vulgaire cuillère en plastique. J’ai compris ce qu’est la hiérarchie et le favoritisme. Je me suis fait une amie qui déchire, elle est toujours à mes côtés aujourd’hui et m’a appris beaucoup de choses.

  Je suis parti à Toulouse pour deux ans et mon chéri m’a suivi. Dès le début j’ai vu que j’avais des lacunes en pratique. Lacunes qui n’ont fait que s’étendre et s’étendre et s’étendre jusqu’à ce que la situation devienne critique. Je devais refaire tous mes projets de A à Z deux à trois fois et ça n’allait toujours pas, je prenais du retard que j’essayais de rattraper en sautant les repas et en travaillant la nuit. Résultat : Burn Out, moins 10 kg sur la balance, une santé en carton –> retour à la maison.

  CE QUE M’A APPORTE LE BTS : Je me suis rendu compte que j’étais meilleure dans l’analyse et la théorie que dans la réalisation de maquettes. J’ai compris que l’acharnement ne servait à rien : si ça ne se fait pas c’est que ça ne doit pas se faire. J’ai découvert des personnes inspirantes. La plupart des professeurs étaient vraiment très humains, compréhensifs et nous accompagnaient au mieux. Dans un milieu comme le design qui est ultra compétitif mes camarades de classes étaient loin de cela. J’étais dans une promo très talentueuse. Certains se sont lancés dans leur marque et sont vraiment très doués. Je pense leur dédier un article un jour pour les présenter. On sent que ça leur plaît vraiment ce qui se ressent dans leur travail. Ça me fait énormément plaisir de voir qu’ils ne lâchent rien et me donne beaucoup d’espoir. En attendant les présentations je te mets un petit panel que tu ailles jeter un coup d’oeil : Geoffrey Berniolle Studio, Vandamama, Du Talon aux aiguilles, Horygine Studio

  Après ça je me suis demandée ce que je pouvais bien faire, une fois de plus … pourquoi pas l’école du Louvre ? J’ai tenté le test, j’ai échoué. Je me suis dirigé vers une matière plus générale afin d’éviter un autre échec dans une spécialisation … Pourquoi pas une fac d’histoire, on verra bien, ça mène à l’éducation nationale, au journalisme, aux concours de la fonction publique et à pas mal d’autres choses paraît-il … J’avais 3 à 4 ans de plus que mes petits camarades mais c’était super sympa et j’ai appris beaucoup de choses. J’aime beaucoup apprendre et recevoir un maximum de connaissances et ça m’avait manqué en BTS. La licence m’a bien plu, je ne savais toujours pas quoi faire alors j’ai tenté un master recherche en Histoire de l’Art qui pouvait toujours être enrichissant. Et ça m’a bien plu aussi mais après ?

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Illustration du Master

  CE QUE M’A APPORTE LA LICENCE ET LE MASTER : Une fois encore des rencontres que ce soit parmi les étudiants ou les professeurs. J’ai aussi appris que le réseau était très important dans le milieu professionnel. J’ai gagné en aisance orale car la formation suppose une préparation pour devenir enseignant et le dictat des deux notes par matière engrange un grand nombre d’exposés. J’ai aussi gagné une certaine aisance en rédaction. Je me suis améliorée en organisation et me suis familiarisée aux projets à moyen terme avec la rédaction du mémoire.

  Après 8 ans d’études sans avoir d’expérience professionnelle ni de « diplôme professionnalisant » je ne sais toujours pas quoi faire. A 27 ans je ne veux pas contraindre mes parents à encore me soutenir financièrement et avec mon futur mari on veut avancer et entre autre se marier. Mes parents m’ont proposé de travailler avec eux dans la boîte en développant notamment une boutique numérique. Ça me permet de passer du temps avec eux, de developper des compétences en communication numérique et aussi d’avoir un salaire, avec le mariage en approche ce n’est pas négligeable. Seulement voilà, ce travail ne me plait pas vraiment. Moi qui ai toujours culpabilisé de profiter de mes parents durant mes études, j’ai maintenant l’impression de ne pas mériter ce poste. Je connais la plupart des gens de la boite depuis gamine et ça se passe relativement bien mais quand la fille du patron radine après 8 ans d’études qu’ont rien à voir avec le domaine c’est pas au goût de tout le monde et c’est vu comme un salaire foutu en l’air.

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  Je ne souhaite pas reprendre d’études qui font perdre du temps et n’assurent pas un travail. Je me suis quand même inscrite pour le CAPES Histoire Géographie mais à la vue des statistiques d’admission sans suivre les cours c’est un miracle si je l’ai. Désespérée je me suis mise en tête de retourner à l’université, rejoindre la zone de confort, là non plus ça ne donne rien, je n’ai pas de sujet assez passionnant pour faire 4 ans de thèse sans rémunération pour un avenir plus qu’incertain. Voilà où j’en suis, à la recherche de ce qui pourrait me plaire, je pense me poser la question une bonne partie de ma vie encore …

Projets

  Cependant, j’ai conscience de la chance que j’ai à chipoter de la sorte. J’ai vraiment de la chance car mes parents ont pu me soutenir financièrement pour faire mes études et profiter de toutes ces expériences et rencontres. J’ai aussi beaucoup de chance d’avoir un futur mari aussi compréhensif et adorable que le mien qui me suit dans tous mes délires.

  J’en ai discuté avec une amie qui est un peu dans le même cas. Elle passe le CAPES sans aucune certitude de l’avoir et prépare déjà la prochaine année dans un autre domaine où elle pourra s’épanouir. Je me dis que je ne suis pas seule, je pense à tous ceux qui passent le CAPES plusieurs fois sans jamais l’avoir et à ce qu’ils vont devoir faire pour rebondir après ça … J’ai fait des études qui me plaisaient, j’ai appris énormément de choses et j’ai fait des super rencontres mais ça ne m’a pas amené à un métier. Est-ce que je le regrette ? Non. Est-ce qu’il faudrait que les formations soit plus professionnalisantes ? Certainement. Des milliers de gens se lèvent tous les matins pour aller faire un boulot qu’ils n’aiment pas, le jour où je n’aurai pas le choix ou que je baisserai les bras ça sera mon cas. On dit que tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir mais on peut aussi dire que tant qu’il y a de l’espoir il y a de la vie. Je garde espoir.

  J’ai des projets en tête, de beaux projets personnels et peut-être même professionnels et j’ai encore espoir de réussir à concilier les deux. Je n’ai à me plaindre de rien, j’ai un travail, un toit, à manger, de l’amour, une famille, des amis et la santé !

  Je commence à comprendre que j’ai certainement réfléchi à l’envers toutes ces années.  Il n’y a pas de métier parfait, mais il existe des endroits et des domaines dans lesquels on peut s’épanouir. Il ne faut pas voir trop loin en idéalisant la situation et il faut savoir s’accommoder. Plusieurs choses m’ont aidées à mieux vivre cette période de transition :

  • Organiser un mariage a changé mon rapport à l’argent et j’ai un peu moins peur de me retrouver avec moins de ronds (un peu) car c’est quand même un sacré budget à sortir.
  • Les échecs et les refus : ça m’a aidé à trouver mon  » point d’acharnement » c’est à dire le moment où l’énergie que je déploie n’en vaut plus la peine, quand je dois accepter ces signes qui me disent d’arrêter et suivre mon instinct.
  • La méditation et le yoga : ça fait quelques années que je m’adonne aux deux pratiques mais seulement depuis quelques mois que j’en fais quasiment quotidiennement. Respirer en pleine conscience permet de se concentrer sur le présent et ne pas réfléchir plus que de raison à l’avenir.
  • L’écriture : c’est ce qui m’aide le plus quand ça ne va pas. En période de crise, qu’il soit 14h ou 3h du matin, j’allume mon ordi, ouvre un fichier word et j’écris tout ce que je ressens et tout ce qui me passe par la tête. Après ça va beaucoup mieux ..
  • Ma copine Marine qui m’a dit « Travailler dans un environnement que tu kiffes avec tes meilleures amies c’est le rêve », le rêve c’est de travailler avec des gens sympas dans un lieu sympa en essayant de faire de son mieux, pas le salaire.

  J’espère que ce pavé n’était pas trop indigeste et que peut-être quelque part je peux aider quelqu’un en mettant ces idées par écrit. Et toi? Tu as fait beaucoup d’études? Tu te plais dans ton métier? Tu as des projets professionnels en tête ou que tu as réalisé?

 

 

 

4 commentaires sur “27 ans et toutes mes dents

  1. Très belle article ! Je me retrouve un peu dans ce que tu as écris… J’ai également mes projets et mes rêves que j’espère accomplir tout doucement, je suis en pleine réflexion là dessus, mais c’est un peu difficile… Il ne faut rien lâcher cependant 🙂 Des bisous :-*

    Aimé par 1 personne

    1. Merci c’est très gentil : D C’est génial d’avoir des projets! C’est vrai que c’est un peu difficile quand rien est encore concret mais il faut en profiter car c’est le moment où on peut rêver grand et rien n’y impose encore de limites ; ) Tu as raison on lâche rien : D

      Aimé par 1 personne

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